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Revue DiasporiqueCréée il y a onze ans par le Cercle Gaston-Crémieux, désormais coéditée par l'association éponyme Diasporiques et la Ligue de l'Enseignement, la revue Diasporiques élargit aujourd'hui son champ d'intervention. Elle entend traiter de toutes les cultures en tant qu'éléments fondateurs d'un authentique projet politique progressiste – le mot « cultures » étant pris au sens large, incluant les modes de vie des collectivités humaines et leurs représentations.
Retrouvez plus d'infos sur le site www.diasporiques.org
Le nouveau sur-titre de la revue, Cultures en mouvement, renvoie non seulement à la diversité des cultures constitutives d'un pays comme la France et à celle, plus grande encore, du continent européen, mais aussi à leur malléabilité, leurs potentialités évolutives, leurs capacités d'échange, voire aux possibilités de métissage que leur coexistence dans un même espace peut engendrer, et cela pour le plus grand bénéfice de toutes. Les « diasporas » constituent, de ce point de vue, des entités particulièrement intéressantes, à condition qu'on comprenne ce mot comme évoquant essentiellement la diffusion de cultures spécifiques au sein de populations porteuses d'une multiplicité de cultures différentes. Certaines diasporas sont aisément identifiables, l'histoire les ayant plus fortement individualisées. Tel est le cas de la diaspora juive, dont nous ne perdrons pas de vue le caractère paradigmatique, ou encore celui des diasporas arménienne ou chinoise. Cependant le processus diasporique est désormais sinon la règle du moins d'une extrême généralité. De plus en plus nombreux sont en effet ceux de nos concitoyens qui ne vivent pas sur la terre de leurs ancêtres : ils sont les héritiers et les passeurs potentiels de cultures désormais pour partie « hors sol ». Et ce phénomène ne peut que s'accentuer avec le développement de la mondialisation et de l'interpénétration des peuples et des cultures qu'elle induit. Comment, dans ce contexte rapidement évolutif, « faire société » ?
L'année 2008 a été qualifiée « d'année interculturelle de l'Europe » et notre revue a été inscrite au rang des structures bénéficiant du label officiel correspondant. C'est bien à l'échelle du continent comme à celle de notre pays que nous devons tendre à « faire société », en résistant à l'uniformisation que voudraient imposer les forces économiques dominantes et en promouvant au contraire le respect réciproque des diverses cultures qui sont notre bien commun.
Or les forces de progrès n'ont, jusqu'à présent, pas accordé l'importance qu'elles méritent aux questions d'appartenance et d'identité, laissant les milieux les plus réactionnaires de ce pays s'en emparer avant que le relais soit pris en la matière par les actuels responsables politiques de l'État ; elles ne se sont pas non plus suffisamment intéressées aux moyens permettant d'éviter que les solidarités communautaires se transforment, comme c'est trop souvent le cas, en de contestables replis de groupes de population sur eux-mêmes. Leur volonté prioritaire, légitime, de réduire les inégalités socio-économiques et de lutter de façon déterminée contre l'exclusion, ne doit pas les détourner de se préoccuper activement des questions culturelles telles que nous les avons définies. Nous ne nous interdirons pas, quant à nous, de traiter aussi de questions économiques, sociales ou politiques qui seraient complémentaires des approches culturelles ; les unes et les autres sont, au demeurant, le plus souvent interdépendantes. Un projet éditorial et une équipe au service de cette ambition Chacun des numéros successifs de Diasporiques aura une « dominante » : pour l'année 2008, en mars, la diversité culturelle ; en juin, l'identité, ses expressions légitimes et ses perversions ; en septembre, les territoires et les cultures ; en décembre enfin, les relations entre cultes et cultures dans le cadre de la laïcité. Comme précédemment, les rubriques seront désignées par des verbes d'action (ouvrir, débattre, méditer, découvrir, raconter, etc.), sans rigidité quant à leur contenu, et un encart (en quadrichromie) sera plus particulièrement dédié aux mythes, aux enfants et… à des recettes de cuisine à connotation culturelle ! Le Comité d'orientation comprend actuellement seize personnes : Tewfik Allal, Marnia Belhadj, Hamida Ben Sadia, Julien Bobot, Charles Conte, Régine Dhoquois-Cohen, Éric Favey, Philippe Lazar, Jean-François Lévy, Jean-Marc Lévy-Leblond, Michel Morineau, Maurice Mourier, Joël Roman, Sophie Simon, Georges Wajs, et Anita Weber. La rédaction en chef est assurée conjointement par Éric Favey et Philippe Lazar, assistés de Charles Conte et Jean-François Lévy. Un projet éditorial et une équipe au service de cette ambitionDimanche 04 Mai 2008
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